Formations sécurité :Choisissez la formation directe et économisez jusqu’à 50%
veriselect

L'histoire de la construction de la démarche HAPA : "Au début, il n'y avait rien..."


Au début il n'y avait rien




Puis des travailleurs eurent mal au dos et la CNAMTS inventa Gestes & Postures (1960)

Les "principes de sécurité physique (garder le dos droit permet d'éviter l'hernie discale) - et d'économie d'efforts (+ près = - lourd)" ont été adaptés pour créer des formations aux techniques de manutention de personnes à mobilité réduite

Les avantages des techniques de manutention :
  • C'est efficace : l'utilisation de ces techniques contribue réellement à la protection du dos

Leurs limites :

  • Elles sont imparfaitement mises en œuvre et quelques fois pas du tout : la gestuelle est quelque chose d'intime et changer ses gestes est aussi difficile que d'arrêter de fumer.
  • L'agent n'est pas seul à décider de la manutention. Le résident a son mot à dire.
  • Elles font peser l'intégralité de la prévention sur l'agent (avec parfois en arrière plan l'idée culpabilisante que si l'agent avait mis en œuvre les principes, il aurait aujourd'hui moins mal au dos).
  • Si ces techniques sont efficaces sur la préservation du dos, elles sont souvent sans réponse pour les douleurs articulaires des bras qui se développent à partir des années 80.


Puis il y eut l'explosion des TMS et la CNAMTS inventa la PRAP (2000)

La Prévention des Risques liés à l'Activité Physique (PRAP) intègre la prévention des pathologies articulaires des bras. Cet élément a changé de manière profonde le cadre de la formation sécurité des agents  :
  • Dans les techniques de manutention, le formateur avait dans la plupart des cas une réponse toute faite : "Plier les jambes au lieu de plier le dos." L'agent était chargé de mettre en œuvre une réponse élaborée par d'autres que lui.
  • En ce qui concerne les affections des membres supérieurs, il n'y a pas de réponse de principe. Par exemple on sait que lever les bras de manière répétitive au dessus de la ligne des épaules génère une pathologie. Mais que proposer à un agent qui lève les bras ? Se mettre sur la pointe des pieds ?
  • La prévention des gestuelles contraignantes des bras passe par une analyse détaillée de la situation de travail: Quels sont les facteurs de risques présents dans le geste (angulation articulaire, fréquence, poids, durée) ? Pourquoi l'agent est-il conduit à lever les bras ? Quelles solutions en terme d'organisation personnelle ou d'organisation collective pourraient lui permettre de ne pas lever les bras, ou de les lever mais moins haut ou moins souvent ?
  • La formation PRAP donne aux agents la compétence nécessaire à l'analyse de leurs situations de travail. Ce sont eux qui construisent les réponses sous forme de propositions d'améliorations personnelles ou collectives.

Les avantages de la PRAP :

  • Le développement dans l'établissement de la capacité à détecter les risques physiques et à inventer des réponses adaptées.
  • La propension qu'aura l'agent à mettre en œuvre une mesure de prévention qu'il aura lui-même contribué à élaborer.
  • Lorsque l'organisation interne prévoit le recueil et le traitement des risques détectés et des propositions d'amélioration, la capacité pour la direction de choisir parmi un grand nombre d'alternatives. La prévention manque trop souvent d'idées, et se réduit à l'alternative entre les rails de transport et rien.

Les limites de la PRAP :

  • La principale limite du PRAP se trouve dans la manière dont les compétences de l'agent formé sont utilisées, reconnues et développées dans l'établissement.
  • L'agent formé qui vient voir son chef de service après avoir identifié un risque et réfléchi à une solution est-il accueilli par des manifestations de reconnaissance ou bien par le pli soucieux d'un front qui signifie "encore un problème à gérer" ?




Puis il y eut l'idée de mettre les choses en ordre : le SYNERPA et les autres syndicats professionnels de l'Hébergement et de l'Aide à la Personne Agée (HAPA) inventèrent avec la CNAMTS le Dispositif HAPA (2012)

Le dispositif HAPA n'est rien d'autre qu'un projet de prévention des risques adapté aux problématiques sécurité des EHPAD. Comme tout projet il comprend :
  • Un pilote : le dirigeant et/ou le comité de pilotage qu'il aura créé
  • Un Animateur Prévention (AP. HAPA :  un salarié existant chargé à temps partiel d'animer le projet)
  • Des acteurs : les agents.
Le dispositif prévoit la formation de l'ensemble des acteurs dans l'ordre de la ligne hiérarchique. La formation de la direction, puis celle de l'Animateur Prévention (AP HAPA), puis celle des Agents :
  • Le recueil et le traitement des idées d'amélioration est déjà organisé lorsque les Agents reviennent de  formation.
  • Pour l'AP HAPA, recueillir des risques identifiés par les Agents et des pistes d'amélioration n'est pas un travail en plus mais une aide précieuse pour lui permettre d'atteindre ses objectifs : il aura le sourire.

Le dispositif HAPA constitue ainsi la version améliorée du modèle de prévention qui a été inauguré en 2000 avec la PRAP. Il tient compte des retours d'expérience du PRAP et de l'apparition de nouveaux risques. Ce modèle est basé sur le management collaboratif des risques, le partage des constats, la mise en commun des idées. Il serait inexact d'affirmer que les recommandations de la CNAMTS / INRS changent souvent : elle affine tout simplement son projet de prévention comme chaque EHPAD sera invité à le faire dans la mise en œuvre de son propre projet de prévention.


FPC Sud Ouest - Pour toute information ou recevoir le formulaire d'inscription, contactez Mathilde au 06 75 633 640 ou laissez vos coordonnées